Compte-rendu : Entre ville et campagne de Serge Courville

Serge Courville (1943-…) est titulaire d’un doctorat en géographie à l’Université de Montréal. Il a également été professeur au Département de géographie de l’Université Laval. C’est un spécialiste de la géographie historique du Québec. Son ouvrage Entre ville et campagne. L’essor du village dans les seigneuries du Bas-Canada offre un tour d’horizon très complet sur les caractéristiques des villages du Bas-Canada entre 1815 et 1851. « Cet ouvrage est avant tout un constat. Il traite de l’un des phénomènes les plus marquants de l’histoire du Québec, celui de la croissance villageoise au cours de la première moitié du XIXe siècle dans les seigneuries laurentiennes[1] ».

Le géographe à recours à la géographie, évidemment, pour comprendre la réalité sociale, à la fois matière d’histoire, d’économie, de politique et de sociologie, dans les bourgs. C’est sous cet angle que l’étude s’inscrit. Courville cherche à « observer le village pour en dégager les traits et obtenir des indices sur l’évolution de la société[2] ». La première partie de l’ouvrage s’intéresse à « la forme physique du village, que dynamisent des facteurs de proximité et de voisinage : structure d’emplacement, densité de l’habitat, place publique, réseau de rues, équipements divers, en sont les caractères distinctifs qui font de cette forme d’habitat un lieu précis dans l’espace[3] ». Les deux premiers chapitres visent à situer le bourg dans l’espace et dans le temps. Un retour chronologique permet de mieux comprendre la poussée des années 1815-1851 et l’analyse du cadre physique des villages permet de comprendre les différentes structures socioéconomiques et acteurs qui les caractérisent.

La seconde partie de l’ouvrage s’intéresse davantage « à l’aire d’expression » de cette socioéconomie du village, « comme réalité englobante du bourg de son aire d’influence[4] ». Dans les trois derniers chapitres de l’étude, de nombreux constats émergent. Le plus important serait, malgré son apparence homogène, celui de l’hétérogénéité du village. Courville démontre bien qu’il existe des contrastes entre les bourgs et leurs résidents et que les clivages sont nombreux sur les plans économiques et sociaux. « Cela tient pour une bonne part aux activités mêmes de cette population, lesquelles sont très diverses. Mais ces distinctions découlent aussi de bien d’autres facteurs, liés ceux-là à la présence de divers groupes sociaux dont les ambitions ne sont pas toujours conciliables[5] ». Qui plus est, Courville nous dit qu’à « elles seules, les questions de population, d’économie et de société occupent plus de la moitié de l’ouvrage, puisque c’est par elles surtout que sont définis les fonctions du village et son rôle dans la vie des campagnes et dans les rapports ville-campagne. On y retrouve également une présentation des facteurs d’origine du village et de ce qui en fait une forme particulière d’habitat et lieu de significations multiples pour la population qui l’habite et celle qu’il dessert[6] ».


1) Serge Courville, Entre ville et campagne. L’essor du village dans les seigneuries du Bas-Canada, Québec, PUL, 1990, p.1. 

2) Ibid.

3) Ibid., p. 7.

4) Ibid., p. 8. 

5) Ibid., p. 115. 

6) Ibid., p. 11. 

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